Les thérapies MEDEK / CME / DMI

DMI CME MEDEK

Le public cible

Les thérapies MEDEK (de l’espagnol MEtodo Dynamico d’Estimulation Kinetic) et DMI (Dynamic Mouvement Intervention) sont des thérapies de rééducation destinées aux enfants atteints de retard de développement moteur. Ces retards peuvent être causés par une souffrance cérébrale périnatale ou traumatique, mais aussi un syndrome génétique ou une maladie non dégénérative. Elle n’est en revanche pas adaptée aux enfants atteints dont le retard est lié à une maladie dégénérative ni aux enfants atteints de fragilités osseuses.

Un peu d’histoire

La méthode a été créée dans les années 70 par un kinésithérapeute chilien: Ramon Cuevas. A la fin des années 90, des thérapeutes MEDEK se sont éloignés de l’école Cuevas ce qui a poussé ce dernier à se différencier en créant la marque déposée CME (Cuevas MEDEK Exercices). Il en résulte aujourd’hui des thérapeutes affiliés CME et des thérapeutes MEDEK « indépendants ».

Par la suite, deux thérapeutes CME (Jake Kreindler et Jo-Anne Weltman) ont eux aussi pris leurs distances pour adapter la méthode et créer la DMI.

Les principes généraux

soline dmi

Ces méthodes reposent sur le principe de plasticité cérébrale: le cerveau, même endommagé, a la capacité de se réorganiser pour recouvrir ou développer des fonctions motrices et/ou cognitives. Lors de séances, le thérapeute provoque chez l’enfant des réponses actives à une stimulation. L’enfant est mis en situation de déséquilibre ou de lutte contre la gravité afin qu’il puisse, de lui-même, revenir à une position stable et à un bon alignement postural. Cet effort contribue à développer des liaisons neuronales et la musculature de l’enfant. Le thérapeute cherchera toujours à proposer à l’enfant des exercices en avance sur son niveau de développement moteur. Enfin, l’un des clés de la réussite de ces thérapies réside dans la fréquence et la répétition des exercices. La plupart des thérapeutes dispensent ainsi des guidances parentales pour que certains exercices soient reproduits à la maison, si possible quotidiennement.

Il n’est pas aisé d’expliquer simplement les différences entre MEDEK/CME et DMI. Il semblerait que MEDEK/CME ait une approche plus intense et centrée sur des exercices utilisant la gravité par rapport à la DMI qui se concentre plus sur des exercices favorisant l’alignement postural.

Un fonctionnement par niveaux

Que ce soit en MEDEK / CME ou en DMI, les thérapeutes sont classés en niveaux. Chaque niveau permet aux thérapeutes d’apprendre plus de techniques et de pouvoir organiser des stages intensifs voire former d’autres thérapeutes. En MEDEK / CME, les niveaux vont de 1 à 4 avec le niveau 4 étant un niveau de formateur. En DMI, les niveaux vont de Introduction A à C puis Intermédiaire A à B et enfin un niveau formateur. Ces niveaux sont des indications mais ne doivent pas être un critère unique de choix de thérapeute. En effet, l’expérience et la compétence s’acquièrent aussi avec les années et le nombre d’enfants accompagnés. Certains thérapeutes seront aussi plus naturellement à l’aise et efficaces avec des enfants plus âgés alors que d’autres le seront pour de très jeunes enfants. Les exercices nécessitant une certaine force, les thérapeutes masculins ont souvent tendance à suivre des enfants plus lourds que leurs homologues féminines.

Dans son parcours, Soline a pu travailler avec des thérapeutes MEDEK, CME et DMI (et nous en profitons pour les remercier une fois encore). Nous avons constaté qu’entre thérapeutes, les similitudes dans l’approche et les exercices étaient bien plus nombreuses que les différences. De plus, une bonne partie des différences vient également de la sensibilité, de l’expérience et de la façon de s’approprier les techniques des thérapeutes.

Bien que non douloureuses, ces méthodes sont très exigeantes pour les enfants. Les jeunes enfants peuvent se montrer réfractaires et pleurer. Nous avons l’habitude de comparer ces séances à celles d’un athlète de haut niveau, qui cherche à dépasser ses limites. La différence principale réside dans le fait qu’un jeune enfant ne comprend pas pourquoi on lui demande de se dépasser de la sorte, d’où les frustrations et les pleurs. Il en résulte que ces séances sont souvent aussi très éprouvantes d’un point de vue émotionnel pour les parents.

Des limites à prendre en compte

Une limite de ces thérapies est le manque d’études démontrant leur efficacité. Cela crée une défiance chez de nombreux professionnels médicaux et paramédicaux et cela malgré les témoignages éloquents de familles ayant eu recours à ces thérapies. A noter que ces dernières sont mieux valorisées outre Atlantique avec des thérapeutes la dispensant dans de grands centres de rééducation faisant référence dans le monde de la paralysie cérébrale (les NAPA Centers par exemple).

Les différentes branches (MEDEK, CME, DMI) qui entretiennent une certaine forme de rivalité et l’absence de diplômes universitaires ou d’état laissent sceptiques sur la possibilité prochaine pour ces thérapies d’être reconnues et donc possiblement prises en charge. Les familles doivent ainsi financer elles-mêmes les sessions et stages dont les tarifs en France peuvent varier de 55€ à plus de 100€ de l’heure.

Un grand réseau mondial

Notre association a constitué l’un des plus grands recensements de thérapeutes CME, MEDEK et DMI, rassemblés sur une carte unique. A noter que la carte évolue quasiment toutes les semaines avec l’ajout de nouveaux centres et thérapeutes.

Pour aller plus loin, nous vous partageons également quelques liens vers les sites officiels CME et DMI ainsi que vers l’association DynamiC. Cette dernière ne semble plus active mais comporte des explications en français très claires sur la CME.