En tant que parents et responsables associatifs, nous sommes quotidiennement confrontés au défi de trouver les meilleurs soins pour nos enfants. Récemment, l’association Avec Soline a été sollicitée à plusieurs reprises par des familles, et directement par un centre basé au Mexique, pour contribuer au financement de thérapies par Cytotron.
Après une analyse approfondie et des échanges directs avec un promoteur de cette technologie, nous avons pris la décision de ne pas financer ces thérapies, ni de les entreprendre pour notre propre fille, Soline. Voici les points de vigilance qui motivent notre position.
Qu’est-ce que le Cytotron ?
Le Cytotron est un appareil utilisant la résonance magnétique quantique (RFQMR). Contrairement à l’IRM, qui utilise les ondes pour l’imagerie, le Cytotron emploie des ondes magnétiques dans un but présenté comme thérapeutique. Le centre de soins avance que ces ondes auraient la capacité de « réparer le cerveau ».
À ce jour, il est impossible d’affirmer avec certitude l’efficacité ou l’inefficacité de ce traitement. Cependant, notre rôle est d’alerter sur les zones d’ombre majeures entourant cette pratique.
1. L’absence de preuves scientifiques indépendantes
Le centre affirme obtenir des progrès sur 100 % de ses patients et annonce depuis plusieurs années une étude imminente. Pourtant, aucune publication n’est disponible dans les revues médicales de référence.
La crédibilité d’un protocole médical repose sur des études indépendantes, randomisées et contrôlées, évaluées par des pairs. Sans ces éléments, les affirmations du fabricant restent des promesses de communication et non des faits médicaux avérés.
2. Un scepticisme marqué de la communauté scientifique
Nos recherches n’ont identifié aucun neurologue ou chercheur indépendant, hors de la sphère d’influence du fabricant, confirmant les mérites de cette thérapie. Au contraire, de nombreux experts expriment de sérieux doutes face au manque de données tangibles et reproductibles.
3. Un coût exorbitant face aux alternatives reconnues
Le coût d’un séjour (thérapie, transport, hébergement) est estimé entre 30 000 € et 40 000 €. Pour mettre ce chiffre en perspective, une telle somme permet de financer :
- 30 à 80 semaines de thérapies intensives de type MEDEK ou DMI.
- 5 à 6 stages de rééducation intensive de type HABIT-ILE.
En observant les témoignages disponibles, les progrès constatés après un passage au Cytotron ne semblent pas supérieurs à ceux obtenus via ces méthodes classiques, qui sont pourtant 5 à 15 fois moins coûteuses.
4. Un manque de rigueur médicale et de transparence
Lors de nos échanges avec les représentants du centre, plusieurs points ont suscité notre inquiétude :

- Inexactitudes médicales : Le centre qualifie l’AVC ou la paralysie cérébrale de « maladies neurodégénératives ». C’est une erreur scientifique majeure. Ces conditions sont des lésions acquises ou neurodéveloppementales non progressives. Cette confusion jette un doute sérieux sur la rigueur médicale du discours. Le fait que le site internet du centre annonce « réparer le cerveau » est encore plus alarmant.
- Inversion des rôles : Ce n’est pas aux familles de solliciter des neurologues pour évaluer une technologie, mais au fabricant de fournir des preuves cliniques solides.
- Absence de critères d’évaluation : Revendiquer « 1 000 patients en progrès » n’a aucune valeur scientifique sans critères définis et sans comparaison avec un groupe témoin.
La position de l’association « Avec Soline »
Il est important de préciser que notre association s’autorise parfois à financer des thérapies qui ne sont pas encore formellement prouvées par des études cliniques. Nous savons que le temps de la science est souvent plus long que l’urgence de la rééducation et la fenêtre de tir de la neuroplasticité.
Cependant, nous veillons à ce que ces thérapies s’appuient sur des bases de rééducation éprouvées. Les méthodes MEDEK ou DMI, par exemple, reposent sur la répétition d’exercices physiques et la stimulation motrice, des principes universellement reconnus comme bénéfiques.
Conclusion et responsabilité
Nous respectons profondément le choix des familles qui décident d’essayer le Cytotron. Chaque parent fait le maximum pour son enfant et explore toutes les pistes possibles.
Toutefois, nos ressources étant limitées, nous avons la responsabilité de gérer les dons et les fonds de l’association avec la plus grande prudence. Pour cette raison, nous choisissons de concentrer nos financements sur des thérapies moins controversées, plus accessibles financièrement et basées sur des principes de rééducation solides.

